Noailles, pour ne pas oublier theogiacometti.com
         
Noailles, pour ne pas oublier
Pas de leaders syndicaux aujourd'hui dans la foule dense qui a envahit les rues de Marseille ce 10 Novembre. Pas de mégaphones, pas de drapeaux, pas de fumigènes, mais des milliers d'anonymes marchant en silence, collés les uns aux autres sur des kilomètres pour rendre hommage aux 8 victimes de la rue d'Aubagne.
On aurait pu l'appeler la marche des invisibles. Ceux qu'on ne voit jamais, qu'on n'entend pas. Ceux qui n'ont pas d'avocats, pas d'assureurs. Pas de représentants, pas de partis. Des smicards aux mieux. Des sans-papiers, des sans-travail, les mains sont serrées, les coeurs lourds. Symboles de la pauvreté qu'on ne veut pas voir, qu'on ne veut pas montrer. Qu'on laisse s'effondrer sur elle-même.

« Nous refusons que ce drame soit l'occasion pour la mairie ou les spéculateurs de "dégager" quiconque du quartier pour installer d'autres populations, ont-ils clamés. »

Alors que le défilé croise le Cours Lieutaud, un craquement sinistre stoppe l'avancée de la manifestation. Un balcon vient de s'effondrer d'un immeuble voisin. La locataire est allongée sur la chaussée, entre les gravats de son balcon. On entend les sirènes des pompiers.

Tout s'effondre, s'émiette, se disloque.

Mais les portes de la mairie, elles, sont restées closes et silencieuses.

http://hanslucas.com/tgiacometti/photo/19364
Top